À Auray, Artanaé a réalisé l’esquisse architecturale d’un projet de rénovation de théâtre visant à mieux exploiter les surfaces existantes, fluidifier les circulations et développer de nouveaux espaces de consommation et de convivialité autour du spectacle.
L’enjeu : faire évoluer un bar d’environ 20 places debout vers une capacité pouvant atteindre près de 90 places, en récupérant des surfaces jusque-là peu exploitées et en restructurant l’organisation générale du lieu.
Le projet architectural s’appuie sur la symétrie du bâtiment et fait dialoguer l’univers des brasseries parisiennes du début du XXe siècle avec l’esprit des années 1950, période de construction du théâtre.
Dans son organisation existante, une grande partie des déplacements du public se concentrait dans l’espace central du théâtre, précisément là où étaient installés les mange-debout.
Circuler, attendre et consommer se faisaient donc dans une même zone, créant des croisements permanents et limitant fortement les possibilités d’installation.
Parallèlement, certaines surfaces du bâtiment, notamment à l’étage, étaient peu exploitées.
Artanaé a donc choisi de revoir entièrement l’organisation des circulations plutôt que de simplement ajouter du mobilier.
Deux axes principaux sont conservés, en symétrie et dans le prolongement naturel des portes existantes. Ils deviennent les cheminements prioritaires du public.
Les autres zones peuvent alors accueillir tables, banquettes et espaces lounge sans être traversées par les flux principaux.
L’objectif est double : désengorger le cœur du théâtre et transformer davantage de mètres carrés existants en espaces réellement exploitables.
L’organisation du théâtre est entièrement repensée autour de deux axes de circulation principaux.
Les zones destinées à s’installer sont volontairement positionnées hors de ces cheminements afin de limiter les croisements entre les personnes qui circulent et celles qui consomment.
La récupération des surfaces disponibles à l’étage et la restructuration de certaines cages d’escalier permettent également d’envisager une capacité d’accueil beaucoup plus importante.
Le projet fait ainsi évoluer l’espace bar d’environ 20 places debout vers une capacité maximale proche de 90 places, réparties entre comptoir, tables, banquettes et zones lounge.
Une offre de snacking et de petite restauration complète le dispositif afin de développer les services proposés avant et après les spectacles.
Le projet construit son identité à partir de l’histoire du bâtiment et de sa composition existante.
La symétrie du théâtre devient un fil conducteur du dessin, tandis que l’univers des grandes brasseries parisiennes du début du XXe siècle dialogue avec des références plus modernistes liées aux années 1950, période de construction du lieu.
L’objectif n’est pas de reconstituer une époque, mais de créer une écriture propre au théâtre, capable de relier patrimoine, convivialité et modernité dans un même langage architectural.
Marbre clair, laiton, bois chaleureux, miroirs, globes opalins, carreaux graphiques et banquettes installent les codes de la brasserie parisienne, tandis que certains éléments de mobilier introduisent un registre plus moderniste, inspiré du Bauhaus et du design des années 1950.
Fauteuils aux lignes épurées, formes géométriques, structures fines et mobilier fonctionnel apportent une écriture plus sobre et plus architecturale.
Le projet joue ainsi sur plusieurs strates historiques sans tomber dans la reconstitution : élégance de la brasserie 1910, modernité des années 50 et sobriété graphique héritée du Bauhaus.
L’ensemble crée une atmosphère chaleureuse, structurée et intemporelle, où chaque référence participe à l’identité du lieu sans prendre le dessus sur son fonctionnement.
La billetterie et le bar prennent place en symétrie de part et d’autre de l’espace central.
Leurs dessins se répondent sans être identiques : mêmes logiques de proportions, courbes et matières, mais une expression différente permettant d’identifier immédiatement leur fonction.
Cette mise en miroir crée deux points de repère et renforce la lecture du bâtiment.
L’architecture ne vient donc pas ajouter des éléments indépendants au lieu : elle utilise les caractéristiques du bâtiment existant pour reconstruire une organisation plus claire.
La réflexion s’étend également aux zones jusque-là peu exploitées.
Ces nouveaux espaces peuvent accueillir différentes configurations : places assises, tables, banquettes et zones lounge.
Le théâtre peut ainsi accueillir le public dans de meilleures conditions avant la représentation et lui proposer de prolonger sa présence après le spectacle.
Les choix de matières, de mobilier et d’éclairage traduisent cette rencontre entre élégance Art déco et modernité des années 1950, sans chercher à reconstituer une époque.
L’architecture intérieure permet ici de faire évoluer la relation entre le public et le théâtre.
Le lieu ne doit plus seulement fonctionner quelques minutes avant l’ouverture de la salle.
Bar, petite restauration, tables et espaces lounge permettent d’imaginer un autre rythme : arriver plus tôt, prendre un verre, dîner légèrement, retrouver des amis ou prolonger la soirée après le spectacle.
Le théâtre devient ainsi un lieu de convivialité à part entière.
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